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Rencontre avec Marine Veith - Printemps du Livre de Grenoble 2023

  • dameoiselledepapier
  • 17 avr. 2023
  • 3 min de lecture

De l’autre côté du téléphone, la douce voix de Marine Veith résonne. Le stylo à la main et le carnet sur mon bureau, je l’écoute. Une gorgée de thé me réconforte et me rend pleine de gratitude. Je prends conscience de la chance que j’ai de pouvoir échanger autour des livres, qui est plus avec une autrice dont le roman m’a chamboulé. Elle me raconte son parcours, d’où elle vient et ce qui l’a amené à écrire ce livre. Ma Part de l’ours, ce livre pour lequel elle est invitée au Printemps du livre de Grenoble.


Pour Marine Veith née au Canada et vivant aujourd’hui dans le Sud de la France, cette histoire sonnait comme une évidence. Au milieu des Pyrénées. Les ours pour personnages centraux. Après avoir parcouru le monde pour son métier de journaliste, elle devient enseignante. Mais elle devient maman et l’écriture, elle la souhaite désormais pour ses romans, ses histoires et ses personnages.

Elle n’a que peu de temps pour écrire alors chaque session doit être efficace. Par contre, elle y pense sans cesse, elle prend beaucoup de notes dans ses carnets. « L’inspiration ne se commande pas ».

Dans ses tiroirs, de nombreux débuts de romans. Et puis un jour, elle envoie son premier roman à plusieurs maisons d’éditions et c’est Sarbacane qui lui répond par l’affirmative. Ainsi né Ceux qui traversent la mer reviennent à pied. S’enchaîne le deuxième roman et finalement, le troisième en cours d’écriture.


Dans Ma Part de l’ours, nous rencontrons Tim et Aurore, frère et sœur, en voiture sur les routes de montagne pour rejoindre leur maman internée. Puis nous les suivons dans cette tempête de neige qui les surprends et enclenche une avalanche sur leur chemin. Alors ils doivent s’allier, se faire confiance et peut-être remettre un peu de chaleur dans leur relation. Eux, qui semblent se détester au plus profond de leur âme depuis de nombreuses années. Les rencontres, quasi mystiques, vont-ils les aider à dépasser cette peur de l’autre ?


Au détour d’une phrase, je lui demande : « Pourquoi l’ours ? Pourquoi pas le loup ? Ou tout autre animal sauvage ? » L’ours est l’animal central des Pyrénées, me dit-elle. Pour elle, il représente l’ambivalence entre le monde sauvage dont on a peur et celui qui nous fascine. La dangerosité et les oursons trop mignons. La force et l’ourse maternelle. Dans ce roman, l’ours devient celui qui prend sa place et revendique son droit à exister. Comme plusieurs de ses personnages. Et alors tout fait sens. La sensibilité de Marine me surprend et m’envahit.


La conversation s’égrène de minutes en minutes. Nous redonnons vie à ses personnages, évoquons les lieux à la fois fictifs et réels des Pyrénées et abordons la musique qui a une place prépondérante dans son récit.


Finalement, je la remercie d’avoir écrit un passage en particulier d’une extrême sensualité (que je tairais ici pour ne pas vous gâcher le plaisir) et aborde ainsi le rapport au corps et aux autres avec beaucoup de justesse. « Le roman se déroule sur un temps court, leur histoire devait être crédible » et ça l’est avec une telle force qu’à la lecture de ses mots, j’en ai été déstabilisée. « Ecrire une histoire d’amour n’est pas plus simple qu’une histoire d’amitié ». Non mais il faut toujours se justifier car les histoires d’amour semblent être la norme. Dans Ma Part de l’ours, « Aurore se met nue/à nue et gagne ainsi en liberté »


Nous terminons notre conversation sur un extrait très révélateur de ce que peuvent être les rencontres quelques qu’elles soient : « Il nous laisse là, l’un face à l’autre, abandonnés au repos, engourdis et soulagés d’avoir appris aujourd’hui que l’autre existe. »


Après quelques gorgées de thé, je lui pose quelques questions auxquelles il faut qu’elle réponde sans trop réfléchir.


- La qualité que tu préfères chez les autres : L'ouverture d'esprit

- Ton occupation favorite : Marcher

- Ce que tu aimes par-dessus tout : Mon fils

- Ce que tu détestes par-dessus tout : L'intolérance sous toutes ses formes

- Ta devise : "Pas capable est mort sans avoir essayé" (proverbe réunionnais)


- Comment tu te sens à l’approche du Printemps du livre : Ravie et impatiente car il y a beaucoup d'enthousiasme qui circule dans ce festival.


J’ai fini par demander des conseils lectures à Marine pour le challenge #marsauféminin


- Un livre que tu nous conseilles : (C’est finalement trois romans pour le prix d’un)

L'art de la joie de Golardia Sapienza

Gabacho de Aora Xilonen L'autre moitié du monde de Laurine Roux



- Un essai :

King Kong théorie de Virginie Despentes


Merci du fond du cœur à Marine pour disponibilité et sa générosité. Merci aussi à Nina Leprince pour sa réactivité et sa gentillesse.


 
 
 

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